INTLNET

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annotation  Cette historique est en cours de rédaction et de recherche d'une bibliographie.



TYMNET - Naissance du réseau mondial

Depuis février 1972, TYMNET (réseau du groupe TYMSHARE de services informatiques en temps partagé) facturait, hors prestation informatiques, un service à valeur ajoutée de transmission de données sur lignes longue distance louées à différents opérateurs téléphoniques.

Ceci posait à la Commission Fédérale des Télécommunications des Etats-Unis (FCC)

  • le problème juridique de la superposition des opérateurs
  • et de la justification du monopole des télécommunications destiné à assurer la péréquation des coûts d'exploitation pour des tarifs identiques à tous les abonnés.

La résolution de cette problématique allait durer dix ans. Ce processus légal (Jurisprudence de la FCC et actes du Congrès) est celui de la déréglementation des Télécoms qui a peu à peu affecté le Royaume-Uni et le reste du monde. Il a été engagé en 1977 par l'attribution d'une licence temporaire d'opérateur de services à valeur ajoutée à TYMNET et TELENET, un off-spring de BBN, le constructeur des machines d'ARPANET, qui avait engagé ses propres opérations inter-states en 1974.

Les IRC [1] américains ont alors offert les premières liaisons à commutation de paquets internationales à partir des machines TYMNET mises à disposition par TYMSHARE (à New York/Piscataway, puis à San Francisco) et par ses filiales en France, Angleterre, Belgique et Allemagne, sous la gestion de projet de Robert Tréhin venu de la Direction de TYMSHARE Belgique pour créer TYMNET European Operations. Celui-ci a alors poursuivi en étendant dès fin 1977 ces premières connexions à la Suisse et l'Italie et au réseau de CII-Honeywell-Bull [2].


INTLNET

Jean-François C. MORFIN a rejoint les opérations européennes de TYMNET début mai 1978, pour - sous la responsabilité de Robert TREHIN, jusqu'en janvier 1983, puis dans le cadre de TYMNET International, créé par Jack McDonnell [3]. - poursuivre

  • le déploiement du réseau international des services publics de transmission de données par paquets (IPSS)
  • les interconnections de réseaux privés mondiaux
  • gérer le nommage international ce dont TYMNET avait reçu la licence de la FCC et délégation des opérateurs internationaux (et plus tard la mise en place de l'adressage X.121 [norme de l'UIT] de la quasi-totalité du système mondial).

Il a créé INTLNET [4] en août 1978. Le but était d'assurer le double secrétariat, de façon externe à TYMNET, d'une documentation mutuelle et d'un soutien opérationnel, commercialement et politiquement indépendant :

  • aux utilisateurs du "catenet" (réseau des réseaux, selon la formule de Louis Pouzin) des opérateurs internationaux ;
  • à ces opérateurs, par ailleurs tous reliés sous multitechnologie TYMNET (monopole radical mondial) jusqu'en 1987.

Il a ensuite suscité l'ISIS Club (du nom de l'interoperating system des machines Tymnet) pour réunir deux fois par an l'ensemble des opérateurs publics et privés sous multitechnologie TYMNET, d'abord en Europe puis en Extrème-Orient. Les premières liaisons intraeuropéennes X.75 et leurs paramétrages ont été agréés lors de ses rencontres et échanges.


TYMNET Extended Services

Ce que les utilisateurs attendent d'un réseau de transport de données, ce sont, l'accès, la protection, la sécurité, le support multilinguistique, et une capacité d'intelligence porteuse de leur approche sémantique et de la distribution de leurs applications.

  • L'accès est que l'on peut se connecter : ce sont les codes d'accès.
  • la protection c'est qu'entre ses ordinateurs ne s'échangent que ses données. Ce sont le "groupe fermé d'abonnés" (GFA) ou "closed user groups" (CUG).
  • la sécurité c'est que ses données soient protégées, par encryption réseau (de bout en bout) ou entre utilisateurs (frange à frange).
  • la capacité d'intelligence c'est que l'équipement terminal du réseau puisse fournir des services de présentation (formatage, encryption, multilinguisme, conversion de nommage, adresses, etc.).

Selon le standard OSI à sept couches de services - de Hubert Zimmermann et Michel Elie de l'INRIA, adopté par l'UIT (Union Internationale des Telecommunications) en décembre 1978 - ceci est rendu possible par l'intelligence de la couche six de "présentation" des données au niveau final de la couche sept des services.

Sous multitechnologie TYMNET ceci résultait de la puissance de traitement de ses "TYMNET Engines" sous un intersystème d'exploitation réseau/multiservice (ISIS) étendant largement les couches six et sept. Les autres technologies connectées à TYMNET (CCITT X.25/75, DEC, IBM, SITA, SWIFT, VISA, etc..) avaient leurs propres solutions et paramètrages de protection et de sécurité que les modules ISIS émulaient après validation client/constructeur.

Confronté aux attentes du contexte international, Jean-François C. MORFIN a alors identifié un besoin utilisateur plus étendu : celui d'utiliser les capacités d'ISIS pour d'autres fonctions et usages du réseau, notamment multimatiques (c.-à-d. réseau machine/machine, ce qui était le propos initial de la technologie TYMNET entre mains-frames TYMSHARE) pour lesquels il a créé le département TYMNET Extended Services (T/ES).

Ceci s'est avéré être en phase industrielle avec

  • la demande de la Division "Augment" de TYMSHARE, dirigée par Doug Engelbart [5] qui souhaitait introduire des capacités d'intelligence collective au sein du réseau,
  • le souci commun d'une machine de puissance devant l'accroissement du trafic,
  • et le besoin de support de streaming et de réseau orienté contenu.

Le projet d'un "Super Engine" produit par Tymshare a été lancé en réponse, avec d'autres projets pour supporter des flux importants, supporter des accès Minitel mémorisés localement, de la télévision à la demande, aussi pu assumer l'intégration du traitement en ligne de nombreuses tâches de back-office en temps partagé etc.


L'Internet

Le 1er janvier 1983, le catenet d'ARPANET a basculé sous la technologie TCP/IP de l'Internet. Etant domestiquement (territoire américain) connecté à TELENET il y intégrait ce réseau, bénéficiant ainsi de son accès international via les IRC, eux-mêmes sous-réseaux TYMNET.

  • du côté Internet, ces aspects ont été réglés par les RFC 920 (nommage) et 923 (17 millions d'adresses IP ont été assignées à un plan d'accès public) de Jon Postel.
  • du côté de TYMNET l'affaire a été traitée de façon usuelle pour la connexion d'un réseau extérieur sous technologie nouvelle :
  • l'adressage a été porté sous nommage numérique permettant de traiter toutes les correspondances aux gateways par une simple table de conversion (comme aujourd'hui l'on peut accéder un serveur par son adresse IP ou son nom de domaine.
  • la technologie IP a été :
  • déconstruite (pour transformer les données protocolaires en métadonnées au port d'accès réseau)
  • et reconstruite (pour restituer en sortie vers l'utilisateur des datagrammes IP à partir des données et métadonnées reçues).

Il a été, toutefois, peu à peu identifié que la proposition TCP/IP de l'Internet ayant été conçue pour le contexte militaro-expérimental et universitaire impécunieux du "closed garden", a priori amical, de lARPANET et sujet à surveillance a posteriori de la NSA, elle trop rustique, ne disposait pas de frontal réseau et n'avait pas de couche six "présentation".

Par ailleurs, segmentée en datagrammes, elle n'avait pas la flexibilité de la segmentation des flux au niveau du byte de TYMNET, et donc la protection de ses circuits virtuels multiplexés [6] de frange à frange comme TYMNET l'implémentait pour les machines TYMSHARE (TYMCOM) et X.25.


Implications pour l'Internet

Ceci impliquait que le raccordement réclamé par la FCC des deux réseaux domestiques publics, TYMNET et TELENET, raccordait indirectement l'Internet (développé par le même fournisseur que TELENET: BBN) au réseau mondial sous multitechnologie TYMNET (via les IRC). Vu de l'Internet il en résultait que l'ensemble des utilisateurs externes ("Externet") étaient protégés et potentiellement rendus plus intelligents en ligne selon le niveau de leur protocole local, et que ce n'était pas le cas des utilisateurs et serveurs de l'Internet.

JFC MORFIN étant responsable de l'application de la norme d'adressage X121 de l'UIT à l'ensemble du réseau mondial muni de la RFC 923, plus de 17 millions d'adresses IP à convertir en adresses X121.

La seule solution - sauf à remplacer TCP/IP qui avait été intégré à UNIX et qui permettait la surveillance des échanges par la NSA - était

  • que le catenet mondial devienne une immense communauté globale d'abonnés ("Became a User Group" (BUG)), et pour ce faire que sa gestion politique devienne unilatéralement globale (to Be Unilaterally Global" (BUG)), c'est-à-dire "le monde à soi seul"
  • qu'une solution multimatique de type Super Engine sous ISIS ne voit pas le jour et rende l'approche UNIX obsolète.

La conséquence stratégique a été :

  • le rachat du groupe Tymshare, dont Tymnet était la filiale réseau interne, le groupe McDONNELL DOUGLAS (premier fournisseur du militaro-industriel de l'époque)
  • l'étude sans résultat de la possibilité d'amender le coeur d'Unix pour permettre une évolution vers des interopérations sous couche six (ce qui correspondait à la deuxième motivation du projet internet)
  • la mise en sommeil puis la fermeture de la recherche appliquée et du déploiement en fait de solutions d'intelligence (Doug Engelbart) et d'interligence (JFC Morfin) réparties, le temps que l'IETF (Internet Engineering Task Force), créée en octobre 1986 puisse faire évoluer la technologie Internet.

Après plusieurs années, la mise au niveau des standards internationaux (CCITT, les standards de l'UIT, maintenant UIT/T) a été abandonnée et la doctrine est devenue celle du "status-quo" (daubée comme le "statUS-quo").

La technologie du Web qui apporte des éléments de la couche six, a relancé l'intérêt mondial pour l'Internet et lancé une nouvelle industrie, mais aussi de nouveaux risques. Il a fallu le contrôler soigneusement : ses opérations ont alors été stratégiquement regroupées par un mensonge technolégalomarchand (nommage dit "unique" alors que la technologie partout installée en supporte 36.000) sous le projet ICANN, lui-même placé sous le protectorat politique du NTIA, l'agence des télécommunications de la Maison-Blanche.


Poursuite d'INTLNET

Sa partie (les services étendus) s'avérant le coeur de l'architectonie du réseau, lui-même au coeur de la réorientation mondiale, après son départ de Tymnet, JFC Morfin a poursuivi avec INTLNET ses préoccupations professionnelles. Il devait adopter une approche alternative du support par les utilisateurs au développement par les Etats, eux-mêmes soumis à la dominance technologique et commerciale du militaro-industriel américain. Cette alternative, d'évidence à un marin, est celle, selon le principe cosmologique, du véritable coeur d'un réseau maillé : chaque utilisateur est le coeur de son réseau mondial et global, comme chaque point est le centre de son univers (Einstein).

Le brick and click

Le moyen pratique d'en implanter durablement des composants est ce que l'on appelle l'approche "brique et clic" ("brick & click"). En la centrant sur la pratique concrète et physique de l'utilisateur, elle devient libre, car attachée à la personne et non pas à un fournisseur dépendant des règles du réseau - pour autant que le réseau reste transparent et que l'on sache qui fait quoi, ou que l'on se passe du quoi de qui.

Exemples de projets à appropriation utilisateur durable

Les habitués sont là où l'implantation de solutions pratiques est la plus durable. INTLNET a donc conduit différents projets pionniers (é d'expérience) d'intégration au tissu sociétal :

  • "Telepole de Bretagne Nord" Lannion, avec le CNET (centre national des Telecommunications) : le projet d'une ville à intégration télématique (avec Francis Mary, DPLG) où elle a introduit le concept d'immotique, c'est-à-dire de l'immeuble intelligent en lui même, en complément des études domotiques du CNET. Une architectonique (ISBA, Integrated System Building Architectonics) a été étudiée, avec pour première application la réalisation d'une ville télématique jouxtant les radômes de Pleumeur-Bodou pour le support des mobiles (navires en mer, avions sur l'Atlantique, etc.)
  • Conseil à un appel d'offres pour le projet d'urbanisme du coeur d'Aix-en-Provence. INTLNET a alors posé les bases d'un téléurbanisme B&C, utilisant notamment un procédé (de Cables & Wireless) de pré-intégration de tubules où la fibre pourrait être insufflée et maintenue en fonction des besoins et des évolutions techniques.
  • Développement de "MTX", un système d'interexploitation multimachines, temps réel, orienté messages, basé sur QNX. Intégration de services Minitel pour des opérations sur "home computing". Ce type d'opérations de fonctionnement quotidien est poursuivi depuis 25 ans comme preuve de faisabilité. IL a porté sur un quotidien d'affaires par fax, puis sur les opérations de suffixes de nommage internet.
  • Projet "Webs de France". Ce projet concerne une desserte cybernationale de proximité à travers les cyberagoras des collectifs territoriaux. Engagé sur la base d'un site local à chaque code postal, il a tourné plusieurs années en test de faisabilité et évaluation des contraintes de sa gestion "micro-industrielle" par un opérateur individuel (1500 sites quotidiennement tenus à jour dans des conditions sérieuses de sécurité et de sauvegarde).
  • actuellement les projets d'urbanisme physique et mental : BIMBY 3.0 et Cyberagora spécifiquement liés au BARBLAB de Saint-Vincent de Barbeyrargues et à (http://montpel.net) MONTPELNET.

Toolkit

Il est certain que les explorations conduites réclament un outillage et des ressources physiques, logicielles, mémétiques, mentales, juridiques, relationnelles, multidisciplinaires, etc. adaptées. INTLNET en a réuni certains peu à peu.

(... à suivre ...)




  1. Cinq compagnies [ITT, RCA, WUI, TBT, FTCC] International Record Carriers sous licence de la FCC
  2. pour permettre le développement du langage ADA par Jean Ichbiah sur le Multics de Minneapolis.
  3. alors que Robert Tréhin avait créé TNSC pour la vente de réseaux TYMSHARE/TYMNET publics et privés.
  4. sous le nom de SIAT, secrétariat international pour les applications de la télématique, devenu peu à peu "INTLNET" par référence au service "INTL" de messagerie OnTyme opéré par TYMNET à l'intention de ses partenaires opérateurs publics "domestiques" (USA) et internationaux.
  5. le papa de la souris, du traitement de texte, de l'hypermédia, de la notion d'intelligence collective, etc.
  6. entre les noeuds les données des différents flux de données sont aléatoirement multiplexées rendant toute écoute impossible.